sur le livre électronique....
Avec des amis, nous discutions de la possibilité que le livre papier soit un jour remplacé par le livre électronique. Je ne retranscrirais pas l’échange dans son entièreté, mais je marquerai ici quelques impressions que j’eus lors de ce débat.
À vrai dire, je ne crois pas en l’avenir du livre électronique. Je crois qu’il restera toujours des lecteurs qui préféreront le bonheur que procure un ouvrage en format papier. Pour moi, la validité du livre se tient au fait qu’il est, aujourd’hui plus qu’hier je crois, une oeuvre d’art à part entière: en dehors du contenu littéraire, le contenant, la couverture et le quatrième de couverture, dans lequel l’oeuvre tient est aujourd’hui un sujet d’appréciation visuelle et tactile. Il me semble que j’apprécie, en premier, un livre parce que sa couverture me parle. Je me rappelle d’une chronique de Dany Lafferrière qui disait que nous vivons un siècle de l’« image », de la vue. Tout ce qui est bon est beau à l’oeil. Ceci s’applique de plus en plus aux ouvrages littéraires tout comme aux autres ouvrages, quel qu’il soit. C’est un jeu de séduction qui conduit un lecteur à acheter un livre: il se laisse séduire par les caractères utilisés pour écrire le titre ou encore les particularités d’une photographie, la rudesse de la couverture (à ce propos, j’ai une préférence pour les livres à la couverture assez robuste pour passer des journées au fond d’un sac) ou bien tout simplement l’effet général du format. Ce n’est qu’une fois que le charme eut opéré que le lecteur accepte d’ouvrir l’ouvrage. Mais encore là, beaucoup passe tout de suite au quatrième de couverture. L’éditeur sait qu’à ce moment précis, le lecteur n’attend que de se faire convaincre d’acheter le livre, de là l’importance du quatrième de couverture. Beaucoup d’éditeurs misent sur celui-ci plus que sur la couverture. C’est le cas de Gallimard. Je ne saurais dire ce qui me déplaît le plus chez eux. Une chose est sûre, c'est que je déteste cette tradition élitiste qu'ils se forgent; pour moi, il y a de l'anachronisme.
Je suis l'enfant de mon siècle et j’aime les « beaux » livres. J’aime aussi que le livre puisse rentrer dans mon sac sans problème ou que je puisse le prendre avec moi dans le métro ou le bus. C’est pourquoi j’ai tendance à préférer les livres de poche, mais cela ne m’empêche pas d’apprécier un livre grand format, surtout si c’est un auteur que je connais déjà et qui m’inspire.
Au sujet du format, il est à remarquer que le livre le plus vendeur, à mon sens, est le livre de poche. Bien souvent, les lecteurs préfèrent pouvoir transporter avec lui son livre où il le veut. La majorité des maisons d’édition l’ont compris et ont maintenant une collection de livres de poche. Cependant, je me suis rendu compte que certaines personnes préfèrent encore les ouvrages volumineux pour pouvoir les exposer dans une quelconque bibliothèque ou simplement par habitude. En réalité, j'ignore le pourquoi.
Tout ce charme s’opère seulement que si le livre est en format papier. Aussi, lorsqu’on consulte un ouvrage sur un ordinateur (comme les fameux e-Books), il y a toujours ce sentiment qu’on nous impose une lecture sans aucun confort pour nos sens. Ainsi, l’oeil est sollicité devant les milliers de pixels. De plus, on n’a pas le même confort qu’avec un livre papier. Avec celui-ci, on peut se détendre dans un parc ou un café sans se préoccuper de la batterie. Il y a aussi le fait que le livre électronique ne permet pas, jusqu’à maintenant, d’en lire un extrait au hasard -exercice que beaucoup de lecteurs font avant d’acheter un ouvrage.
Par-dessous tout, il y a le plaisir évident de sentir une page sous nos doigts, de la palper et de la tourner. De voir tous ces petites lettres qui forment des mots sous notre regard et qui s’alignent, dansent même, sur les grains du papier. J’ose espérer que je ne me trompe pas et que l’avenir ne tuera pas ce plaisir certain.
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