5.8.09

Consciences


Ce matin, je me suis levé en me disant qu'il fallait absolument écrire, écrire la vie, écrire l'horreur qu'est la vie, mais aussi prendre des mots, leur donner une essence, une certaine beauté et les placer au milieu d'une page où un personnage, non plutôt une conscience (-à ce propos, je ne cesse de mettre en scénario une série de dialogue intérieur qui se tiendrait entre la fin d'une soirée et l'aube; ce sera un Mrs. Dalloway tout en étant complètement différent, du moins j'ose le croire car à quoi bon écrire ce qui a déjà été écrit?-), une conscience donc qui est déchirée par la vie, son horreur, sa bêtise!; ces mots les placer au centre de tout, comme une lumière qui guide cette conscience vers un ailleurs, un vision du réel autre que celui-ci.

La Fièvre sera donc un kaléidoscope de consciences, où on détruit la vie, on la magane, puis ceci: une phrase qui résume, qui établit un glissement entre cette descente et cette ascension, l'espoir d'une réalité, d'une souffle salvateur après l'étouffement.

Mais, il faut tout détruire. Il faut se voir, voir notre propre conscience mutilée et abandonnée. Si Woolf m'a appris quelque chose, c'est ceci: il faut aller au bout de l'âme humaine. Comme elle, je me demande si le roman du futur ne sera pas le roman de l'âme? Un roman où s'exprime réellement tous les caractéristiques d'une conscience, de l'âme et de ses sentiments.

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Je ne regrette pas d'être entrer dans ce que je qualifie, ma période de crises. Crise face à l'existence que je mène, crise face aux croyances que j'avais, crise face à tous ceux vers qui je m'étais confiés, avec qui je devais, je le croyais, ressentir la vie. C'était une erreur de ma part. Il faut être fait fort dans cette vie, dans sa solitude. Il faut se divertir avec quelques lectures, il faut s'entretenir avec un album ou une peinture, mais les hommes, ils ne divertissent et n'entretiennent que leur égo.

Je suis là à vouloir créer, mais on ne crée bien qu'avec soi-même, sa propre conscience, son propre reflet. Tout le reste était une diversion, un moment de panique, un rappel de sa faiblesse à trop demander de l'autre, à trop le croire et peut-être vouloir l'aimer, l'endurer, le préserver; non, on le quitte finalement. Car, « aimer vous condamne à la solitude ».

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