« Je ne suis pas un corps qui abrite une âme, je suis une âme qui a une partie visible appelée “corps”.» (Onze minutes, Paulo Coelho)
Je le vois, qui avance, recule, se déplace dans les espaces vides, qui respire et expire, avale, digère, excrète, je le vois qui transpire de ce trop plein d'eau qu'il a.
Il y a des moments où le temps s'arrête, un peu comme dans ces films américains, et que tout autour de moi est au ralentit. À ce moment, je me vois et je constate que je vis dans une cage. Je sens mon coeur qui bat, mes poumons qui se remplissent d'air, mes yeux qui s'humidifient. Ma chair qui picote. Mes dents qui grincent. Rien à faire, je n'arrive jamais à atteindre ce ciel qui me surplombe, trop haut, trop bleu, trop loin. Mais je sais que ce n'est pas sa faute.
Le temps reprend son droit, les oiseaux s'envolent, la lumière passe au vert, les passants me bousculent.
Je vois mes pieds qui se déplacent, mes sandales qui écrasent les mégots de cigarettes. Mes mains qui s'activent pour faire valider mon ticket. Ma tête qui se balance au rythme de Black Is The Color Of My True Love's Hair de Nina Simone. Ma bouche qui dit quelque chose. Le tramway qui part en direction du sud.
Je vois mes pieds qui se déplacent, mes sandales qui écrasent les mégots de cigarettes. Mes mains qui s'activent pour faire valider mon ticket. Ma tête qui se balance au rythme de Black Is The Color Of My True Love's Hair de Nina Simone. Ma bouche qui dit quelque chose. Le tramway qui part en direction du sud.
Tous ces organes qui se foutent complètement de moi. C'est après ces moments que je comprend que je suis mon propre prisonnier.