14.9.10

Syndrome de Stendhal


«J'ai même pas vu que t'étais rien, que t'étais morte de chagrin, que t'étais seule comme un vieux chien, qu'tu faisais la gueule dans ton coin. J'ai même pas vu que t'étais mal, que ta peau était pire que pâle, qu't'avais plus faim, t'étais quedal, que tu flottais dans le canal. J'ai même pas vu que t'étais diaphane, que t'étais comme une fleur qui fane, les yeux rivés dans les embruns, que tu serrais trop fort ma main. J'avais pas vu que t'avais des tresses, je sentais même plus tes caresses. Toi dans la baignoire, tu te touchais dés la nuit noire. » (Tout ça me tourmente, Benjamin Biolay)

Lundi. Il pleut.
Je ne sais pas pourquoi, mais l'envie était là. Simplement de dire, de mettre sur écrit cette chanson, celle des gouttes d'eau sur la fenêtre de mon subconscient. Je me rend compte que je n'arriverai jamais à atteindre tous les buts que je me suis fixé. Il faut choisir pour ne pas tout perdre.

***

Mardi. Il pleut.
J'écoute Biolay. Je suis cette ombre. Il y a un chat dans la ruelle. Des poèmes dans mes yeux mouillés. J'ai baisé ma mort. J'ai toujours ma queue.

Combien de douleurs comportent une vie - et combien, de vies, une douleur?
Je vous reconnais, avec le muscle des fleurs et je vous reconnais, avec
la robe d'été - N'ai-je pas rêvé de votre couleur? Vous, mes joies
Qui suis-je, maintenant, pour oser dire, oser pleurer, oser croire
qu'il y a un Monde après ce monde, qu'il y a une Souffrance, après celle-ci?
Le silence m'est maintenant
-Il y a tant à taire, j'ai défait la soie de mes lèvres

***

Mercredi. Demain, il pleuvra. Tout le monde s'en moque.