
«The whole world's a bottle,
And life's but a dram »
Bob DYLAN
Il y a de ces jours où on porte tout le monde sur nos épaules et on se demande ce qui arriverait si, par « accident », on laissait tout tomber. On gâche notre vie à trop vouloir la rendre comme on le voudrait (ou comme on nous dit qu'elle doit être), souvent on se rend compte qu'elle, la vie, s'arrange très bien sans nous.
Ma chambre est peinte de soleil en ce moment. Je note qu'il est 18h48. Ces jours-ci (avec la fin de session), je rate ce 18h48 où le soleil fait soudainement irruption dans ma chambre pour venir s'y coucher. De ma fenêtre, je peux deviner la basse ville, avec ses toits blancs, gris ou rouges qui miroitent au loin, ses routes qui s'allongent, entrecoupés par des poteaux électriques. Les fils électriques surplombent cette ville comme une grande toile d'araignée. Des fourmis y sont piégés. Ce 18h48, j'ai commencé à l'apprécier une fois installé ici, l'été. La fenêtre ouverte, couché dans mon lit, avec un des Bob (Dylan ou Marley) qui chantent et grattent une guitare, je sentait tout le sens du mot « coucher de soleil ».
Après que l'hiver eut chanté sa mélancolie, voilà le printemps qui dansent sur mes murs, mais j'attends toujours d'embrasser les lèvres chaudes de l'été. Mon coeur pleure, sans que je sache pourquoi ni comment l'arrêter, et je me dis qu'il faudrait peut-être fermer les yeux et dormir, pour toujours, et rêver d'un coucher de soleil qui ne se termine jamais. Seuls et seul.
***
«L'homme n'est qu'un appendice de la femme. »«Observant l'ombre noir qui bougeait devant lui, il prit conscience que c'était précisément l'impression qu'il avait depuis trop longtemps ; que son père était une forme immatérielle et que s'il détournait le regard un instant, s'il l'oubliait ou ne marchait pas à sa vitesse, s'il n'avait pas la volonté de l'avoir là à ses côtés, alors son père disparaîtrait, comme si sa présence ne tenait qu'à la seule volonté de Roy.»Sukkwan Island, David VANN
Sukkwan Island. Livre troublant ET magnifique justement par le trouble qu'il cause. Un style rythmé, original, mais qui manque un peu de ce côté poétique qui me plait. Le récit en soi est une réussite. Deux parties qui se terminent avec un malaise; celui du sacrifice. Commentaire à écrire sur ce livre très bientôt pour I. P. Fin de semaine (si j'en ai les moyens): L'école des femmes, Molière (Théâtre de la Bordée).
2 discussion(s):
La lecture m'intimide à cause de cette impression d'intimité justement qui se dégage de vos textes. On le sent, ce soleil, sur vos murs. Le paysage change ici. Comme les saisons. Bonne fin de session.
Votre passage est toujours la bienvenue ici, alors ne soyez jamais intimidé par ce que vous y lisez. C'est si peu, au fond. Merci.
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