
Il se réveille avec l'image de ce sourire de beautés et de clartés; sur ce visage, il cherche, matin après matin, ce qui fait battre son coeur. Dans ces yeux il retrouve les grands champs de l'Ouest sous les rayons sablonneux du soleil; il fouille dans ce reflet du monde, son monde à lui, une raison d'exister. Une chevelure brune descend sur ce cou blanc et fragile, se brise en mille éclats sombres sur l'échine et, sous son chandail coloré, il devine les chaudes respirations sentant l'été. Il regarde cette poitrine s'élever et s'affaisser, ce tremblement intérieur des alvéoles, cette marque violente de la vie. (...) Puis, il ouvre les yeux et, plongé dans la pénombre du monde et de la vérité, il ressent toute l'horreur de sa solitude. Il comprend que ce qu'il prenait pour la vie et l'amour était en fait la mort et le rêve. Il vit à ses côtés, dans ses rêves; mais, une fois les yeux ouverts, il retrouve sa mort là où il l'avait laissée la vieille. Avec empressement et désespoir, il ferme les yeux et cherche un moyen de la retrouver, mais ne sent que le matelas dur et les draps secs de son lit. Il finit par se lever et marche comme un fantôme dans ce monde sans issue.
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