J’ai inauguré le second cahier. Il faudra lui trouver un nom. - La journée s’est déroulée quand même assez bien. J’ai fait preuve d’une grande retenue et je n’ai pas dépenser d’argent cette fin de semaine. De toute façon, je n’avais personne avec qui le faire. L’ennuie. L’ennuie n’est certainement pas un excellent remède à mes préoccupations. Je ne sais pas si je peux réellement vivre solitairement. C. me faisait remarquer cette chose; mon mal, c’est un mal être que je ressens confronté à mes propres profondeurs, à moi-même. Il n’a pas tort, mais il ne comprend pas combien la chute peut-être longue et douloureuse. À chaque fois, j’ai la terrible impression qu’on me guète, que quelque chose m’attend au bout du chemin, un acte, une mort quelconque. Si ce n’est le corps, c’est l’esprit qui chancellera - je le sais, je le veux, car comment vivre encore vingt autres années avec ce masque, ces faux-semblants que tous peuvent, un jour, découvrir. Le mensonge, là, même dans ce que j’écris et crois entièrement dénoué de faux. Ces mots sont écris ouvertement, sur une page qui pourrait être lu par n’importe qui. C’est ce « n’importe qui » qui lira des mots, des images, des mentalités qui ne sont pas de moi, mais des autres, de ces autres qui m’habitent, me déshéritent de ce que je suis.
A. ne comprend pas. Si seulement elle pouvait s’en aller, disparaître et cesser de jouer à ce jeu ridicule. Quelle place dans sa vie ai-je? Et elle, dans la mienne? Je sais que je n’existe pas comme je voudrais qu’elle me perçoit, me voit, m’aime (qui sait?). Non, elle en veut un autre et je ne veux pas d’elle. Elle ne comprendrait pas, non. Alors qui? Qui, comprendra? Qui lira? Qui écrira? Qui me lire? Qui m’écrira? Je suppose que les gens comme moi, que tout semble faire faux-bond, finissent par sentir qu’on leur a menti, qu’on ne les aimera pas. Jamais! Quelle tristesse! Qu’ils se sentiront « différent » et « rejeté » partout, tout le temps. Quelle maladresse! Quelle tragédie! Alors, j’abandonne. Les gens me rendent malades. Je ne suis pas fait pour vivre dans une société où on peut accepter si facilement cette « situation » - non, c’est la vie (je l’ai écris déjà). La haine. Oui.
Suis-je le seul à croire réellement à ce que je dis? Je me sens ridicule. Tout est pareille. L’écrire ne réglera rien. Attendons. Écrivons. J’aimerai ne pas examiner mes pensées avec une cette cruauté, mourir de mes propres mots, du bruit qu’on fait là-haut (i.e.: ma tête).
Loyer demain. Pour finir, petite chanson découverte sur 9 de Damien Rice: Coconnut Skins.