26.8.09

Ondulations


Le monde, ou le « réel », on le conçoit comme un mur sur lequel des événements, des êtres, parfois des heures s'inscrivent puis s'effacent en ne laissant qu'une marque, qu'un trait. Mais il arrive, dans certaines occasions, qu'il se présente comme une superposition de voiles qui tombe un après l'autre pour ne laisser que quelque chose de nue, froid, ascétique. Ces événements, êtres, heures sont alors privés d'un sens, d'une réalité, ils transitent autour de vous, mais vous, vous graviter en dehors du monde, de cette réalité.

Cela m'arrive parfois en cette saison, alors que je m'installe dehors et qu'un bruissement des feuilles attirent mon oeil, le retient. Ces vaguelettes vertes ondoient, vibres et bientôt cette réalité n'existe pas, le monde se dépêche de devenir qu'un flux de conscience. « Voilà, c'est la vie » qu'on remarque entre les ondulations, et on voit cette faiblesse qui nous habite!, parfois une main qu'on aurait aimé caresser (sa blancheur, le teint, cette jeunesse, cette vie! C'est d'aimer sa main, qu'elle nous donne seulement sa main et on serait comblé!). Puis, il y a les années qui s'écoulent, un frottement des branches, un rire traverse notre tête, nous voyons le soleil et on sent le monde qui naît, qui meurt et puis renaît entre chaque battement de ciel, on invente une mer, on invente un pays où il ne fait pas mal de vivre. Nous clignons des yeux, puis chaque voile tombe, chaque vision s'éteint et même cette idée sur la vie, sur cette main qu'on aime. Tout disparaît pour ne laisser que cette froide solitude des choses, des êtres et des événements. Nous sommes donc là, dans cette faiblesse de l'être.

Mais il faut vivre. Il faut le faire avec cette détresse qui nous tue, qui éteint la beauté en nous. C'est que les feuilles se sont tût cet après-midi, je n'ai ressenti qu'une acceptation des choses. L'abandon.

***

L'abandon a quelque chose de tragique, d'irrévocable. Il ne s'agit pas de simplement laisser-aller les choses, il ne suffit pas de se dire qu'une fois qu'on aura tourner la page, tout ira mieux. Il suffit de simplement rester là et se dire que la vie ne nous concerne plus, que nos choix n'ont aucun importance au fond; on choisi des gens, on choisi des choses ou des lieux, mais un jour ou l'autre, on se brise, on vous brise. Tout tombe. Tout s'éteint, même « vous ».

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