31.8.09

(la) Sérénade à une putain


sous ta chair le vermillon myocardique: tu es une gentille petite fille parfois une poupée modèle mais si je découpais le ras de ta robe de peau, ma chérie, aurais-tu toujours cette incertitude des heures? parce qu'apparemment tu es comme une montre, fixée sur un mur, à attendre qu’on te regarde ces aiguilles plantées au bout des seins mais moi, c’est de te montrer combien ta seconde, aussi fragile, aussi minuscule et courte qu’elle puisse paraître est plus accueillante que la froide solitude des glaces lunaires; un moment que je frotte mes lèvres contre ta cuisse menstruée, peut-être qu’ainsi nous repeupleront Kaboul

oui tu as droit toi aussi à un peu de la beauté métallique d’un couteau à pain; sous ta joue creuse germe une rose gothique il y a la corolle de cristaux noirs qui perce ton hymen et parfois éclos le rappel atomique du désoeuvrement - du murmure criard de l’automne, on berce, on morcelle ton petit rêve d’avoir des fleurs qui fanent dans l'ailleurs

et j’aime ton corps quand il attire la lumière d’un regard c’est ton nom qui parle d’une respiration que tu aurais oubliée en moi cette nuit-là et une grande phrase que tu as raccourcis, puis une coupure de l'âme; alors tu as habillé ton sein d’un tremblement de noirceurs?

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