2.5.09

Lettres à un président américain (II)

Mr. le Président, 

     Ces politiciens, ces hommes de droit, ces fonctionnaires et tous ces « nobles » héritiers du pouvoir de l’État ont toujours pensé l’homme en tant que simple produit du capital. Nous le savons parce qu’ils nous disent que l’économie est la seule affaire « sérieuse ». Déjà, il est impossible, autant pour eux que pour nous, de considérer l’homme en-dehors de ce contexte capitaliste. Cela provient du fait qu’il est toujours question de dette pour eux. Nous devons « rembourser » l’État, ils nous disent que c’est un devoir. Mais pourquoi? Pour quoi, pour qui? Ils alimentent nos sentiments les plus bas: la honte, le déshonneur, la peur – quelle maladie qu’est cette peur dans laquelle ils nous plongent –, la haine, la mauvaise conscience; l’aliénation commence avec leur capital. 

       La faim, la maladie, la guerre; que devons-nous penser de ces problèmes? Parce qu’ils ne nous regardent pas, nous nous disons que cela est de moindre gravité, que cela est sans importance et même qu’ils sont naturelles. Où donc avons-nous appris à rendre l’homme insouciant de sa propre condition? Cette condition d’extrême liberté, mais aussi de conscience responsable, car la liberté n’est pas que cet état simple, c’est aussi une affirmation de la responsabilité qui en découle. Voilà la seule liberté qu’il est digne d’avoir et qu’il est humain de préserver. Toute autre liberté, tout autre droit, meurt avec la non-responsabilité, voilà ce que nous disons et affirmons avec tant de conviction au cœur. Là où je veux en venir, monsieur le Président, c’est qu’il faut faire taire ceux qui nous disent que les conflits actuels ont quelque chose d’héroïque et que le combat est juste. Leur héroïsme est une tyrannie armée, perpétuellement braquée, prête à charger à la moindre preuve de sa culpabilité. Nous sommes coupables de ne pas crier plus fort qu’eux, de ne pas être à la hauteur de nos sentiments les plus profonds et les plus sincères (nous savons au fond de nous la grande injustice qui nous sépare de l’humanité), de cette indifférence. 
        Là-bas, les hommes meurent. Garçons, filles, veuves, vieillards; ils s’entassent tous dans un même trou, dans une même terre et nous, nous nous contentons de dire: « Cela est fort humain, la mort est partout.» En d’autres mots, on s’en lave les mains puisqu’il ne s’agit que de mourir et que mourir ne « rapporte » rien. Voilà le fruit desséché du capital et leur guerre en est une basée sur ces principes moribonds. 

       Ce qu’il faut, monsieur le Président, c’est surtout revoir ces principes. Il est temps de réapprendre à vivre. Notre motivation? C’est que nous n’avons pas le choix d’agir maintenant. Il est temps de prendre au sérieux la question de la vie, de régler une fois pour toute ces idéologies du capital et l’idée d’une valeur monétaire de la vie. Le capitalisme n’est pas une solution au problème de l’homme. Cela prendra du temps et il faudra traverser de nombreuses épreuves, mais nous en terminerons avec eux. Nous trouverons un sens nouveau au monde. Nous réinventerons l’âme des hommes en les inspirant aux grandes choses, aux beautés et au bonheur. On se dira, voici la révolution des hommes en marche. Et personne n’arrêtera ce changement profond, vrai, historique.

1 discussion(s):

jeremy .Z a dit…

Je vais voir Pawa Up First ( http://www.myspace.com/pawaupfirst ) à la Sala Rossa ce mercredi, à 17h. Ça te dit ? Claudy viendra probablement avec moi.
Je te laisse découvrir ce groupe, donne-moi des nouvelles :)