L'écriture est une forme de combat que je me sens obligé de livrer à chaque jour. Me voilà, encore, à nouveau, devant moi-même, avec une seule envie, un seul désir: combattre. Je ne veux plus du malheur, je ne sens plus à l'aise dans ma solitude, je crois à l'élaboration d'une vie meilleur, d'un amour libre, partagé et sain. Pourtant, je nourris tout le contraire, à chaque jour. Je nourris la honte, l'échec, le désespoir, l'envie inavouée du malheur. À force de vivre ainsi, je vois bien que c'est une excuse pour moi. Je me dis qu'ainsi, au bout du compte, l'échec était prévisible (et donc, supposer pouvoir mieux vivre, avec moins de souffrance). La fuite. C'est toujours fuir soi, se fuir. Que c'est vain! On vous reprochera toujours ce que vous êtes, même en essayant de ne pas y faire face.
Je ne combat rien aujourd'hui, je n'écris rien de bien, rien qui puisse me sauver et j'en souffre encore. Quelle vie est-ce que je m'offre ainsi? Quelle double vie suis-je entrain de mener ici?
Le talent ne se gagne pas, il s'apprend, se travaille, avec acharnement, folie, passion. Je me dois de travailler plus fort, d'affronter ces doutes et enfin de me voir réellement pour mieux me sauver.
Pourquoi ne m'aimez-vous pas? Votre amour, j'en ai tant besoin. Il est ce qui me manque et m'effraie à la fois parce que même si je l'avais, je ne saurais pas quoi en faire. Non, à la place, vous m'offrez votre indifférence, votre incompréhension, votre mécontentement. Et moi, je fais de mon mieux pour vous aimer à travers cela, de mon mieux pour vous apprendre à m'aimer malgré cela.