15.1.09

15 Janvier

Discussion hier avec Joëlle sur la notion de Dieu et du « vivre est impossible. » 

Étant une fervente croyante, Joëlle m'a toujours fascinée ou devrais-je dire sa foi en Dieu et en la vie. Chez elle, tout paraît simple, tout s'explique avec Dieu ou par Dieu. J'ai, à de nombreuse reprise, voulu la convaincre de partager ma vision, croyant que j'avais raison et elle tort. Pourtant, de plus en plus, je me rend compte que sa foi à quelque chose d'enviable, de vraie et de pure. Même si elle représente l'opposée de ce que je suis, de mes convictions, je ne cesse de sentir une certaine complémentarité dans nos débats. Ses questions m'amènent souvent à étoffer certaines idées que j'ai, à les dénouer en profondeur en les lui expliquant. 

C'était le cas hier. Son explication reposait sur l'idée que l'homme vit pour mieux connaître la raison de sa création, en d'autres termes l'existence s'explique par la recherche de cette existence (par l'intermédiaire de la foi). J'accepte cette idée et je la trouve vraiment très noble. Là où je décroche un peu, c'est quand elle dit, par après, que la raison de l'existence est de « vivre éternellement dans un mileu parfait , étant nous-même parfait , et ce en présence du Dieu parfait! » Cette fatalité religieuse m'exaspère et rend impossible tout accord entre elle et moi. Et c'est ce qui me plaît dans nos échanges, parce que même si Joëlle n'admettra jamais l'absence de Dieu (je reviendrai plus tard sur cette idée) et moi l'inverse, nous essayons de partager nos idées et d'apprendre de l'autre. J'admire cela chez elle, cette ouverture, cette offre de soi, cette écoute aussi. 

Pour en revenir à ma réponse, vivre est impossible pour la simple raison que cette notion en efface une autre, l'idée de la mort. Dire vivre, c'est dire ne pas mourir. Or, nous mourrons tous. L'homme meurt. Deux contraire ne peuvent exister dans un même idée: l'homme ne peut vivre et mourir en même temps. D'ailleurs, la science explique cela par la mort cellulaire. D'où l'impossibilité de vivre, ce qui, attention, n'exclut pas l'idée de la vie. 

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L'idée de la vie. 

Il ne faut pas « confondre vie et existence. Existence, rituels sociaux, gestes, actes sans leurs sens perçus à la surface. Traverser les parois de l'existence, pénétrer l'intérieur, ou bien voir, sentir tout l'extérieur, l'existence, et y déchiffrer la vie, le fruit fécond.» (Journal, Marie Uguay, p. 28) 

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Je fixe ce plafond blanc et je me demande ce que je fais en ce moment. J'abuse du temps, d'un temps qui n'est pas à moi. Je gaspille ce temps que la société m'a offert pour produire. Je perd de leur temps, en quelque sorte. 

Quel ennuie que de lire, réfléchir et toujours vouloir écrire sans jamais rien produire qui ne soit digne de l'envie qui nous y pousse. Je me retrouve sans le sous et sans aucune envie d'en faire, pourtant j'ai besoin de consommer des biens. Quelle liberté y'a-t-il dans la vie? Aucune! Nous venons au monde prisonnier de celui-ci, de nos parents, de leurs expériences et leurs échecs, de la société qui nous éduque et socialise, des amis qui nous entourent. Nous ne pouvons pas échapper à leur influence, à leur apport, au confort qu'il nous donne aussi. Nous sommes à eux et leur temps est nôtre temps. Me voilà, à lire et à glander au lieu de travailler, de m'instruire ou de créer. Qui suis-je pour me permettre cela? Suis-je plus libre qu'un autre? Certainement que non car la seule liberté qu'il existe, qu'il nous reste, est la mort ou le choix d'en finir avec la vie. 

2 discussion(s):

Anonyme a dit…

Je veux lire, un jour ou l'autre, les deux livres que tu as achetés.

"[...]et y déchiffrer la vie, le fruit fécond."

Tristan R. Lemaure a dit…

Oui, pas de problème. =)