23.7.08

La question

J'ai cette habitude de bailler lorsque je suis dans une situation gênante.

Je ne sais ni comment ni d'où est apparue cette soudaine envie de simuler l'ennuie ou la fatigue, comme si mon âme entière assistait à de perpétuels déjà vu. Plus le temps passe, plus je m'inquiète de ce comportement. Le plus troublant c'est que je ne m'en suis rendue compte que lorsque Maman m'en a fait la remarque.

En feuilletant, cet après-midis, les Notebooks d'Albert Camus, j'ai été touché par ces quelques lignes écrit en Mai 1935: "For rich people, the sky is just an extra, a gift of nature. The poor, on the other hand, can see it as it really is: an infite grace." Plus bas, il explique: "A guilty conscience needs to confess. A work of art is a confession, and I must bear witness. When I see things clearly, I have only one thing to say. It is in the life of poverty, among these vain or humble people, that I have most certainly touched what I fee is the true meaning of life. Works of art will never provide this and art is not everything for me. Let is at least be a means."


Si, il y a quelques jours, je disais qu'une oeuvre d'art est avant tout un message, en lisant ces pensées, je me suis rendu compte que le message ne doit pas être affirmative.

L'ecriture, comme le dessin, ou le rythme d'une chanson, doit être interrogative.

Ce qu'il faut comprendre n'est pas que A est A, puisque plusieurs autres l'ont expliqué ou l'expliqueront plus tard, mais pourquoi A est A. En ce sens, il ne s'agit plus d'une confession mais bien d'une étude de l'âme humaine.

Chaque étude est, à son commencement (et qui sait, peut-être aussi à sa conclusion), une question.