14.7.08

La pendaison des Demoiselles (d'Avignon)

Aux abords de la Stephen Avenue, je suis assis parmi ces passantes. Les figures sombres de la brume matinale sont devenus des statues de sel dorées dont le silence se mêle aux bruissements des moteurs. Qu’est-ce que cette vie qui m’échappe dès que j’ouvre mes mains pour l’embrasser de la peau des doigts? Dois-je y renoncer? Dois-je tout donner et ne rien recevoir en retour? Ces cris d’enfants dans le parc sont comme des falaises éclatants qui me donnent le vertige. La tête qui tourne, les rires qui vous vident de l’intérieur, ces mains qui s'éprennent et la vôtre, de main, qui palpe le murmure d’un bonheur qu’il ignore.

J’aimerais me mettre en feu comme H. G. et faire le mort dans un troue de verdure où chante une rivière, demandant aux pissenlits le secret pour réinventer la vie. Je réussirais peut-être ainsi à bondir entre les jambes de la Beauté sans en profaner le corps.

-Quel acte immonde!-