28.10.10

La chaise vide

Vais.

Je vis d'échecs et de défaites. Certaines sont inscrits sur mon corps, d'autres me poussent derrière les dents, sur ma langue, derrière mes paupières. Je n'ai pas réussi à écrire quoique ce soit depuis bientôt deux mois. Je regrette l'espoir, le changement, l'amour. Qu'ai-je aimer plus que moi-même pendant toutes ces années? Un homme s'aimant, est-ce là de l'égoïsme ou du courrage? Dois-je avoir honte de désirer l'intérêt, l'amour, l'autre pour mieux me supporter, mieux accepter ce que je suis?

Je.

Combien de fois ai-je imaginé ma mort, ma chute, ma disparition? Le cauchemar solitaire sous mes draps, la nuit. Mon coeur, ses chaleurs, ses disputes, son chant, sa solitude, son cris, sa solitude. Je ne retrouve aucune joie dans mes amitiés, aucune profondeur dans mes relations avec l'autre. Qui me connait? Qui désire me connaître? Avec qui ai-je le sentiment, la confiance, d'être ce que je suis réellement? Personne. De toute façon, je n'ai pas grand chose (en moi) alors je ne vois pas ce que je pourrai offrir, ce que moi-même je suis prêt à aimer, à accepter.

Survivre.

Pour l'instant, je survie. J'ai abandonné mon amitié avec la majorité des gens que je connais. Pour leur bien, leur bonheur, je ne vis plus réellement avec ma famille. Je suis isolé, une île. Je ne parle à personne, je n'existe pour personne. En relisant mes cahiers, je me rend compte que ma seule existence se trouve dans les mots, mes mots. Or, que veux dire les mots aujourd'hui? J'ai bien dit "Je t'aime" à quelqu'un. Ce quelqu'un est parti et avec lui, mes mots, ces mots. Je les lui ai légués. C'était, en somme, ma dernière carte, mon projet ultime pour me sauver. Tant d'espoirs en elle, en eux. Au fond, puisque nous mourrons seul, pourquoi vouloir vivre autrement?

À mon.

Je demandais hier ou avant hier: « Comment meurt-on? » En le disant, je me suis rendu compte que ma vie est orienté vers ce seul et unique but. Peut-on m'empêcher de ne désirer que cela, de vouloir la paix, la fin, le départ? Si. L'amour que je porte à certaines personnes sont encore prétextes que je me donne. Mais même dans ces prétextes, je demeure égoïste. Ce n'est pas tant la peine que je pourrais causer qui me retient que la honte d'être le responsable de mon meurte. Alors, j'organise ma disparition. Je cesse de m'investir dans tout. Je vis sans vivre. Je deviens un nom, puis une trace dans un souvenir, pour finalement m'effacer totalement de leur esprit. Je deviens une chaise vide, une

Absence?