8.10.09

8 Octobre

On ne veut pas de mon âme!

Qu'ai-je donc de si bas, de si laid et cette laideur qui me recouvre, qui me noie: est-ce là une justice que qu'on ne m'aima que beau, mais qu'on me rejette perpétuellement, qu'on me confine, qu'on m'écrase l'âme dans l'étau qu'est cette grande solitude? Je m'y retrouve, seul, nuit après nuit, à espérer qu'un d'entre eux me trouvera, m'aimera, me serrera contre lui, sans rien, sans aucune explication, sans aucune fausse joie, sans aucun mensonge. Il sera là, simplement. Mais qu'y puis-je donc, moi, avec ces petits papiers qui s'alignent dans ma tête, ces mots incompris, tus, délaissés. Qu'y puis-je après-tout si ma vie doit être cela, me sentir totalement étranger, me sentir inlassablement dénudé puis piétiné. J'offrirai mon coeur à qui le voudra, je le sais, mais ce coeur en vaut-il la peine? Ma mort en vaut-il la peine? L'abandon! Ô l'abandon des jours heureux. Si peu, que de vivre!

Je pensais, il y à peine quelques jours, que j'avais aussi droit à un peu de bonheur, mais voilà. On ne cesse de me reprendre, de corriger ce sourire qui cache ma plaie, et le sang bouillonne, bruit quand le jour et la nuit entre mes tempes alors que je me penche sur le vide exécrable qui m'habite. Tantôt déchiré entre un rêve puis la réalité, tantôt là et ailleurs en même temps, le retour dans cette peau m'exaspère, je voudrais partir, loin et y mourir. Peut-être, me dis-je, qu'on me pleurera? Peut-être, me dis-je, qu'on m'appellera au coeur de l'hiver, on dira, au coin d'un feu: « Il était. » Et moi, je leur demanderai qui j'ai été. Qui? Personne, personne, personne. Je suis une ombre, une absence qu'on ne remarque pas, dont on ne s'ennuie pas.

Je disais, il y a une semaine, à S. que les êtres qui n'aiment pas, finissent par être méchant. C'est là une peur et une réalité qui se trouve chaque jour confirmer. Maintenant, je ne peux qu'agir qu'avec un rictus, en me disant qu'un jour je leur rendrais cette douleur, qu'un jour, j'aurais une revanche, que, peut-être, je pourrais y ressentir un peu d'amour-propre aussi. Ces idées me traversent tant l'esprit, m'étouffent: au fond, quel droit ai-je sur eux? Aucun! Aucun!

Je veux en finir. Je veux m'éteindre.
J'ai peur.
J'ai si peur.

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