3.9.09

Brûlements

Je suis une étoile éteinte. Un point terne au ciel. Une fleur arrachée à une poitrine. Quelque part là-bas, mon silence veut dire quelque chose de plus, de valide, de valable, du sens pour quelqu'un. Mais me voilà, ici, à noircir ces feuilles, espérant qu'un regard notera mon existence, qu'une main y apportera un remède, guérira mon corps, ses plaies, sa détresse.

Ce manque, cette prison dans laquelle on me confine jour après jour, heure après heure, seul dans ma propre tête, seul dans chaque mot, dans chaque pensée, seul dans la foule, et seul dans ce lit. La faune universitaire m'est encore plus intolérable maintenant que je constate mes lacunes, que je vois combien d'illusions m'habitent, celle de changer le monde, celle d'être quelqu'un aux yeux du monde. Mais pourquoi me préoccuper du monde? Pourquoi vouloir me battre contre cette idée que la mort est la seule certitude que je puisse avoir? Non? Alors voilà ce à quoi je crois: je crois au départ, je crois que peut-être ceci n'a jamais été ma vie. Alors, il faut la laisser, la quitter, l'abandonner: être l'ombre silencieuse qu'on a toujours été.

Partout, je vois leurs regards, partout j'entend leurs moqueries devant ce visage, devant cette démarche de canard, devant ces petits bras et ce ventre. Partout, je reconnais un certain dégoût pour la chose que je suis, que j'exprime avec mes yeux, le désoeuvrement face à la vie. Et tout ceci, à qui le dire, à qui confier ma peine, avec qui partager mon refus du monde, de la vie? À personne, à cette absence.

Qu'on m'aime!, qu'on m'accueille!, mon coeur brûle.

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