13.9.09

13 Septembre

En écrivant Les accrocheuses, j'en suis venu à l'idée que c'était exactement ce qu'il me fallait. La théorie woolfienne me séduit, mais il y manque quelque chose, un peu de moi, un peu de ce que je devine depuis que j'ai lu Mrs. Dalloway. Comme ce marbre qu'on casse pour faire naître l'âme humaine, il faut que j'efface le surplus, que je me centre sur l'être afin de retranscrire chaque mètre de son âme, centimètre après centimètre.

J'ai essayé avec Les accrocheuses de m'aligner sur cette route, écarter les décors lourds et malhabiles qui entouraient d'autres de mes textes. Je m'étais écarté du point central de la chose, l'âme. Est-ce que c'est possible? Utopie: le lecteur qui palpe cette âme. La mienne? Je ne sais pas encore. Probablement, je verrais avec le temps. Le Voile d'acier avait la même faiblesse que les autres, mais il était bien, il y avait un « sens » à la chose. Si j'arrivais aussi à faire vivre un décor, ce serait mieux, mais pour l'instant je n'y arrive qu'avec des corps et des pensées, ces consciences qui s'allongent en moi, me deviennent.

Mais il y a encore un peu du monde extérieur dans Les accrocheuses, il y a cette première ligne et l'entrée de la serveuse. Je pense qu'il faudrait enlever la première ligne, cela irait dans le sens que je me fixe. D'un autre côté, j'hésite entre la position de celui qui écrit sans penser à ceux qui le lisent et celui qui le fait en prenant en compte leurs habitudes. À ce propos, la littérature contemporaine est d'après moi trop populaire, peu artistique. Elle ne vise qu'à plaire une certaine population. Et moi? J'aimerai être un alchimiste, vivre en marge de ces « élites », comme ils aiment s'appeler, arpenteurs des salons du livre et des cafés branchés, ces étudiants en Littérature par exemple que j'ai rencontré l'autre jour, qui en savent beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que moi; mais, en même temps, ont-ils une voix?

Et moi? Je veux ma voix, je veux mon art, je veux des âmes! Utopie!

Idée: Peut-on écrire en supprimant entièrement un décor, en habillant une histoire des seuls caractéristiques du personnage-conscience?

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