12.6.09

Légèreté de l'être

Quel entêtement! Il y a encore cette voix: 

Quand je pense à toute cette haine insensée, démesurée; cette destruction minutieuse que j'organise dans ma tête, au meurtre! Oui, au meurtre de moi-même. Quelle folie! J'en ai le vertige. Je voudrai arrêter. Tout taire. Taire cette absence que j'ai devant eux -est-ce que j'existe?-, mon dieu, que je suis sot. Il n'y a rien de vrai dans ce que j'ai fait, ce que je fais: rien qui ne sache, n'explique l'état des choses. 

Le désir de tout effacer. J'ai misé sur une même carte, sur celle qu'il ne fallait pas: ma douleur. Et quelle douleur! Quelle vie! L'impossible! J'ai dénaturalisé mes sens pour n'être que ceci. Cette douleur muette qui me rend mon regard vide, ma démarche maladroite, mes mouvements austères aux choses, à la vie. 

Cette foule m'a rendu malade, elle m'a simplement mis au coeur la froide réalité des choses. Je suis si puéril, si pauvre, sans importance, défait: je ne me trouve aucune ressemblance avec aucune personne. Il n'y a que ma propre conscience, mes peurs, mes doutes: l'existence est chose vaine. On ne vie pas, on survie. Ainsi, j'ai découvert combien je ne suis pas ce que je prétend être. À quel point écrire est illusoire! Qui s'est sauvé ainsi? Folie! Je ne suis d'aucune utilité. Je comble l'espace. 

J'ai si peu de poids, au fond. Il y aura une chute, à un moment ou à un autre. Cette fois-ci, j'irai au bout de ma folie.