31.1.09

31 Janvier

La mémoire.

Note intéressante sur le carnet de l'auteure Catherine Mavrikakis. Entre l'oublie et le souvenir, je préfère l'oublie évidemment. Mais l'oublie ne sauve pas, il condamne le passé à être vécu à nouveau. Ce n'est rien que de souffrir un peu, mais imaginez ce que ça fait de souffrir encore et encore d'une même peine, d'un même manque de lumière, de joie, de l'autre. Ma mémoire est sélective, elle ne se rappelle que de ce qui fait mal au corps, à l'âme. Elle le sait, elle l'a déjà vécu. Comment alors expliquer que je continue à revivre ces attachements ridicules, à certaines couleurs, à des objets de mon enfance, à certains passages d'un film, d'une chanson ou d'un livre, aux gens, à des lieux? Je dis ridicule car ce n'est jamais un attachement profond, c'est toujours superficiel, faux. Illusion. La mémoire est une illusion. On croit l'avoir un instant, on se concentre, on a oublié! On fonce quand même vers le même mur, les yeux clos. Cherchant un souvenir. Cherchant ce qu'il y a après ce mur. Rien, bien sûr. C'est pour cela que l'oublie existe. C'est ce que certains appelle l'espoir. 

Je ne vous aime que pour mieux vous perdre.