25.1.09

25 Janvier

Hier, état proche du coma. Confronté à ce qu'il y a de plus faible, de plus répugnant, de plus cruel en lui, l'homme choisit de fermer les yeux, de se fuir. Il n'y avait que l'anéantissement total de l'être, du je suis. Et quelle vanité que de dire je serai! 

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Parfois, j'imagine des paysages lointains, exotiques, poussiéreux, vides, des paysages de souffrances et de haines, de destructions, de pays en guerre contre l'homme. Parfois, je me vois là-bas, accompagnant la souffrance humaine, écrivant sur elle, illustrant la misère, je me vois, debout, face au chaos. 

Dans quelques semaines, je fêterai mon vingt-et-unième anniversaire. Je n'ai toujours aucune certitude sur la vie, je n'ai rien à quoi m'accrocher, personne à qui me raconter. Je me sens plus seul que jamais, plus isolé. Avec le nouvel an, j'ai pris quelques résolutions, j'ai discipliné mon esprit à ne pas trop raisonner ce qui arrive, à ne pas trop demander au destin, à ne pas trop attendre de la vie. Mon corps doit être cette « feuille sur l'eau, ne provoquant rien et se laissant glisser dans la vie sans rien exiger d'elle et sans vouloir en contrôler le cours ou le débit.» (Journal, Marie Uguay, p.173) Il doit être tranquille, inactif, attentif, prêt à bondir le moment venu, mais d'un bond raisonné. Il faut réellement que je cesse ce jeu sinistre de l'automutilation, du désir-ce désir des corps, de tendresse, de caresses, d'un amour. Pourquoi ai-je autant d'attente envers les autres, envers les femmes? Pourquoi ne puis-je m'aimer, pourquoi ce besoin qu'on m'aime pour que je puisse moi-même me supporter, me suffire? Mais le désir ne sauve pas, il faut avancer, s'engager entièrement dans un seul et même amour, une seule et même passion. Je ne peux dupliquer ainsi mes sentiments, aimer chaque femme qui a un intérêt pour moi. 

Autre discipline: l'esprit. Je dois lire plus, accueillir la connaissance. Je dois développer un sens nouveau des arts et de la littérature. Je dois accorder au moins une heure par soir à la lecture d'un livre. 

Je me remet à la réécriture de Fractions.