13.1.09

13 Janvier

L'autofiction.

En lisant une note laissée sur le cahier de l'auteur Julie Gravel-Richard, je me suis questionné sur le rapport entre la fiction et la biographie dans l'écriture. Dans sa note, cette dernière parlait de « sous-genre ». 

Sans m'avancer sur quoique ce soit, je trouve assez étrange qu'on distingue ce genre des autres car à mon avis il n'y a de genre que là où on le veut bien. La littérature est la littérature. Bonne ou mauvaise, elle a toujours le mérite de transcender les guerres, les époques, les maladies, la mort. Les mots sont, à mon avis, une sorte de mémoire génétique d'un peuple, d'une société.

D'un autre côté, quel auteur ne fait pas d'autofiction en écrivant? Aucun! Il est impossible, voir improductif, de soustraire sa vie, son expérience, ses questionnements personnels, ses obsessions, ses doutes ou ses convictions, d'une oeuvre. L'oeuvre peut être fictive, mais, à la base, il reste un fruit composé de fragments biographiques. D'ailleurs, le concept même de ce genre est tout récent. 

Il y a quelques mois, j'avais entendu un auteur expliquer que la nouvelle génération d'écrivains était porté vers ce style parce qu'elle ne savait pas utiliser le concept « temps » . Autrement dit, les jeunes écrivains ne savent construire un texte que dans le présent et à la première personne du singulier. Effectivement, si l'on analyse la scène littéraire québécoise, et même française, on retrouve plus des autofictions que des romans « classiques ». Ce même auteur expliquait que l'utilisation du concept « temps » nécessite une expérience et une connaissance de la langue  ainsi qu'une culture générale importante, en quelques sortes on ne peut s'improviser romancier. 

Catherine Mavrikakis se prononce également sur son cahier à propos de la biographie. « Contrairement à la croyance intellectuelle qui veut que les gens se retrouvent dépossédés de leur être par le leurre que constitue l’accès immédiat à l’existence nébuleuse et mensongère d’autrui, la biographie remplit, à mon avis, une fonction sociale importante, nécessaire et formatrice dans un monde où la question de l’exemple et du modèle veut être effacée à jamais et où personne dans la sphère du savoir ne tient à occuper de façon manifeste bien sûr, une position d’autorité (ce qui n’est pas sans laisser beaucoup de place à de nombreuses formes de perversion) » écrit-elle. J'adhère beaucoup à son explication et je la trouve plus construite et plus objective que la première. 

D'un autre côté, qu'est-ce la fiction sinon une extension, une distorsion du réel?