J'ai la très nette impression que je n'accomplirai jamais rien de neuf, que jamais je ne pourrai écrire. Lorsque mon entourage me questionne sur mes écrits, je répond avec une anxiété étrange que cela ne vaut pas la peine, la peine d'être lu, la peine d'être compris, la peine d'être critiqué. Très vite, je sais que je doute de ce que j'ai écris jusqu'à maintenant, de la pertinence et même de la véritable nature de mon travail: est-ce de la poésie, de la prose ou encore une misérable confession d'un esprit malade? Il y a aussi l'anxiété du jugement, de la pitié que je pourrai lire dans leurs yeux et qui me tuerait. Je n'en veux pas, non. Mais en même temps, je me sens épuisé de courir après la lune et de me battre contre ce que je suis. Je voudrais leur dire ouvertement que je suis malheureux et que j'ai besoin d'être aimer, de faire l'amour sans en souffrir mais l'orgueil! Il y a cela, aussi. Cela aussi me tuera.
Ma sensibilité m'empêche de comprendre que ce rire ne m'est pas adressé. Que je ne suis pas si affreux. Que je mérite d'être aimer, d'être heureux. Mais leur bonheur m'ennuie! Il est plein de leur méchanceté, leur envie et leur jalousie. Je ne peux pas vivre ainsi, je le sais maintenant. Mais quoi vivre? Qui vivre? Et, avec qui vivre?