29.7.08

Sur la question des sciences et des arts

Suite à la lecture du Discours sur les sciences et les arts, j'ai entrepris de mettre sur papier mes impressions que voici et d'écrire à ma prof de philosophie: 

« Il faut dire que j'en ressort avec plusieurs interrogations. Je crois comprendre la thèse de Rousseau selon laquelle le développement des sciences et des arts a rendu les hommes efféminés et couards, car non vertueux. Au lieu de se battre et de cultiver leur corps, tels d'éternels Spartiates, ils ont préférés la sédentarité permettant ainsi le développement leur esprit au point d'en engourdir leur adresse au combat et perdre leur vertu. Aux belles actions, on a préféré les beaux discours. 

Pourtant, je ne le soutient pas entièrement car la vertu n'existe qu'en présence des arts et des sciences. Ce que je veux dire c'est que pour qu'un Héros naisse, il faut qu'on puisse peindre ses combats, chanter ses victoires, écrire ses épopées. La gloire est une création purement artistique. D'autre part, le Héros devra se procurer les meilleurs armes pour faire triompher sa patrie. A-t-on vu une armée de piques abattre une armée de fusils? À quelques exceptions près (tel qu'à Isandhlwana), non, jamais! Ce que devrait privilégié le Héros est au contraire d'entretenir les meilleurs savants en son royaume et protéger ses meilleurs artisans afin qu'ils puissent relater son génie, son adresse et certainement sa vertu. Je crois que l'homme n'est ni vertueux ni lâche, il est homme. Un peu comme Sartre disait, on ne naît pas Héros, on ne naît pas vertueux, on le devient. Pour le devenir, il faut certainement et les sciences et les arts. Rousseau présente quelques exemples, comme la chute de Rome, ou encore l'échec de l'empire des Habsbourgs, pour prouver ses idées. Rome est bien sûr tombé face à de simples troupes de barbares mais aujourd'hui encore, toute la gloire des grands empires, tel Rome, s'est fondée sur l'hégémonie qu'ont exercée ses artistes, peintres, sculpteurs, chanteurs, savants, etc. Sans eux, l'histoire de Rome aurait été oubliée et perdue à jamais et aujourd'hui on ne paierait pas des milliers de dollars pour entretenir le Colisé ou les statues...Pire, imaginez une Renaissance italienne sans les Michel-Ange, Da Vinci ou Raphaël, qui aurait parlé de Florence, des Médecis et de leur fortune?! 

Rousseau dit aussi que les arts ont donné naissance aux vices. Je ne le contredis pas sur ce point. On peut toutefois se demander si la reconnaissance des vices n'est pas aussi un acte artistique, une conséquence des arts et non sa cause. Car on peut tout aussi bien dire que les vices ont donnée naissance aux arts, ce serait pratiquement la même chose non? »

Si quelqu'un a une opinion sur la question, j'aimerais bien l'entendre.  

1 discussion(s):

Anonyme a dit…

Rousseau est un vilain sexiste, mais pas étonnant pour son époque. Enfin bref sinon je suis plutôt d'accord avec toi sans toutefois avoir le temps de développer plus, il aurait fallu que je lise le texte de Rousseau également...