De plus en plus, je me questionne sur ma consommation d’art. Je ne suis pas un de ces élites intellectuelles et je n’ai pas de rapport très proche aux divers univers artistiques, encore faut-il que j’en ai le temps et le moyen (et les contacts). Un article de Martin Petit m’a beaucoup interpellé car la question de la place de l’Art, au Québec, est une chose, qui malgré son côté simple (car on serrait porter à dire que le Québec, société qui se cherche une identité culturelle, mise sur ses artistes pour justement la crée), nécessite beaucoup de temps de réflexions. Dans mon commentaire, je disais que le désir de « vivre » l’Art est toujours un choix personnel, on ne peut pas forcer les gens à se cultiver plus qu’il n’en ont « besoin ». Plus loin, j’apporte les termes de décultivation et d’automatisme intellectuelle que nos gouvernements, et aussi le mode de vie nord-américaine(le fameux rêve américain) principalement, essaient de nous inculquer en n’investissant pas justement dans le milieu artistique, milieu dans lequel il s’est difficile d’émerger. C’est prouver, un peuple sans culture, sans produits d’art qui lui soit propre, est voué à périr et à être oublier. Je m’inquiette sur ce qu’on va léguer aux sociétés qui vont suivre. Aujourd’hui, par exemple, on reconnaît le talent de l’art hellénique qui a inspiré les Grecs et les Romains, ainsi que les peuples issus de la vague latine. En Afrique, les traditions orales ont légué des rites qui ont traversé des siècles et des siècles. Qui ne connaît pas les grandes constructions égyptiennes? L’Art, cela me parait évident, est la clé pour qu’une civilisation traverse les âges. Alors pourquoi avons-nous délaissés les musées et les bibliothèques? Pourquoi, ceux qui devraient promouvoir justement l’Art, sont rendus des êtres mondains qui pataugent dans le ridicule de la popularité en se proclamant membre d’une « élite »? Je demandais dans une de mes correspondances à une connaissance : « Vivrons-nous, un jour, de l’Art pour l’Art? »
Personnellement, je n’y crois pas, ou du moins j’essais de ne pas y croire, faute d’être déçue au bout du compte. Les Athéniens, par exemple, cultivait le corps et l’esprit, il leur était évident qu’un corps saint ne pouvait que vivre dans un esprit saint. Les Romains, malgré le fait qu’ils s’emparaient de la culture des pays conquis, manifestaient la même approche. Les révolutions n’ont été déclenché que par le pouvoir des mots, les livres étaient (et demeurent) des armes de guerre redoutables car elles transportaient une civilisation entière. Encore aujourd’hui, lorsqu’on ouvre un Hugo, l’on peut ressentir toute la force et la grandeur (et peut-être les faiblesses, les lacunes) d’une France forte(intellectuellement).
La question est donc lancée. Vivrons-nous, un jour, de l’Art pour l’Art?