14.9.07

J'imagine que

…je devrais dire merci. Merci à quoi? Merci à qui? Il faudrait savoir. Je ne sais pas. Je devrais peut-être dire merci d’avoir échapper à la mort. Je devrais peut-être remercier la mère qui m’a porté dans son ventre pendant neuf long mois. Je devrais quand même dire merci au père qui n’a jamais été là. Je devrais ne pas oublier de dire merci à la société qui m’a permis de m’instruire, d’avoir un toit où dormir, de pouvoir manger à ma fin. Je crois devoir dire merci aux femmes, à leurs passages éphémères dans ma vie. Ne pas oublier de dire merci aux hommes, et à leur compagnie qui m’est totalement étrangère. Je devrais dire merci à tout ça, et à plus encore, sans savoir pourquoi, sans savoir à qui je m’adresse. Je devrais savoir le dire pourtant. Plus jeune, on m’a toujours dit de dire merci. Je m’en souviens. Je n’ai pas rêvé quand même! On m’a dit, tu diras merci, à chaque fois, à chaque personne, pour ce qu’elle t’apporte. Et moi, personne pour me dire merci. Et moi, qu’ai-je apporté à ces gens dont je m’éloigne, comme une bête blessée. Je croupi dans mon lit, je disparais de la surface de la terre et personne, personne, non personne, pour venir me dire merci. Il fait noir. Et j’ai froid. Et j’ai faim. Et j’ai mal. Et je suis seul.

Quelle bête suis-je?
Quel homme ai-je été?
Suis-je l’un plus que l’autre?