« Il n’y a rien qui me fasse plus mal
que moi »
Audrey Colonna
J’ai la tête endolorie. Pleine des chiffons. Ceux que j’ai écris cet après-midi :
Quoi, l’amour? L’amour pue. L’amour est nauséeux.
Et ça frappe, ça frappe! ça fait mal, dans les tempes. J’ai pris des cachets de Tylénol avant de descendre écrire ces quelques lignes mais j’ai l’impression que le mal n’est pas seulement dans mon corps, il est dans mes mouvements, dans l’air que j’expire, dans la façon dont j’ai de boire ce fond de bouteille. Regardez moi marcher! Regardez moi danser! Regardez moi! marcher en dansant! Hé, Oh, OP! Je tombe. Les mots s’échappent :
J’ai cette veille plaie qui me démange. Elle me gruge, me suce, m’asticote l’âme. Elle me fatigue!
J’aimerais qu’on cesse de violer mon âme! C’est trop demandé, je crois. Et qu’y puis-je? Moi? Avec ces petits poings (ces poings minables) pour me défendre le corps, la carcasse, la chair.. À chaque fois, j’en ressors avec des mots au beurre noir.
Frappez vos cervelles idiotes, peuple singé, peuple maniaque! peuple pervers!
Ha, et je n’ai plus que ÇA, pour défendre ce que je suis. Pauvre idiot. J’ai la peau qui colle à mes mots. Les mots tirrent, gauche, droite, gauche, droite, la peau (immobile) s’étire et s’étire, et s’étire. Les mots voudraient tant voir, tant connaître, tant ÊTRE. Quel désir fou. Jamais homme n’eût pareil voeu. Je me déchire, je m’émiette, petit à petit, et je finis dans ces miniscules lettres qui s’enchaînent..
Œil, laboureur d’images.
Je te haïe!
Et tiens, j’ai encore en réserve d’autres chiffons mais ils n’apparaîtront que dans mon Orgie.