Je sais pas, ça m’a pris comme ça, vous écrire, sans aucune formalité. Écrire, simplement, écrire la merde que je vis, la merde que je vois, la merde que je sue, la merde qui pue, la merde que j’essuie.
Alors voilà. Ça me tue. De l’intérieur. Ça fait mal. Non, pas que j’ai à me plaindre mais quand ça vous tire d’en dedans alors il n’y a qu’une chose à faire : écrire. Vous écrivez comme vous ne l’auriez jamais fait, vous écrivez la tête en feu, chaque mot vous brûle de l’intérieur. Je voudrais trouver les mots parfaits mais il n’y a cette douleur qui me crève l’âme, comme un cris qui s’enferme en moi et ce cris, il est fort. Il déchire le néant, le vide qui vous sépare.
Vous ( et ) moi.
Mais, entre nous, il n’y a que moi pour l’entendre. J’ai les yeux rouges, le nez qui saigne et des contusions partout sur le visage. Je me bas, la nuit, pour garder un semblant de dignité le jour, pour ne pas pleurer ou m’effondrer par terre, devant vous. Je voudrais être écrivain, vous savez. Je voudrais avoir du talent aussi. Comprenez moi bien, ce n’est pas tellement l’absence de talent qui vous fait mal, c’est le gaspillage que vous en faites. Essayez de comprendre, je me sodomise pour mieux m’en tirer.
Croyez moi, ma vie, cette vie qui se languit dans mes cellules pleines de crasses, oui, cette vie, elle m’a choisie. Et moi, je n’y peux RIEN. Non, RIEN de RIEN.
Allons, soyons lucide un peu, vous et moi. La vie, a qui sert-elle? À quoi sert-elle? D’ailleurs, doit-elle réellement avoir un sens? Et si, tout ça n’avait pas de sens. Si, vous et moi, n’arrivions jamais à nous comprendre. Si, finalement, le destin de l’homme n’était que d’arriver à ÇA. À RIEN. On aurait été brillant, hein?! Ce temps de perdus.
Bon, j’en ai marre. Je n’écris plus pendant encore deux jours. Je retourne à ma MERDE.
Hé,
oh,
ça coule sur votre visage.
La laideur de votre vie.