Je suis à quelques pages maintenant. J’en ai effacé quelques un. Je me demande ce que ce recueil sera. Au départ, je m’étais fixé l’idée d’écrire de la poésie-un truc comme ça-. Mais qu’est-ce écrire de la poésie? On ne peut que la vivre! La vivre. La vivre! La vie. La foutue vie qu’on m’a donné-qu’on nous a donné-. Je me disais aussi qu’à la fin de cette Orgie, j’allais être libre. Libre de quoi, me direz-vous. Mais de moi! Comme Garneau, je suis ma propre cage. Une cage humaine. Vous êtes dans mon enfer, ici. Dans ces lignes qui vous carbonise le cœur. Ça vous donne soif, mon feu. On s’habitue. Je crois. J’espère!
Que sera donc cette créature difforme qui gambade entre mes doigts-dans votre tête-devant nos yeux? Elle est d’une laideur exécrable! Qui voudra d’elle? Tout à l’heure, je vous parlais d’écrire la poésie. C’était mon rêve. Un rêve de gamin. Un rêve qui carbure aux mauvaises bouteilles de vins du dépanneur, à la fumée de cigarillos et parfois, si dieu le veut-inch’allah-, à l’acide de la bière. Ce n’est donc pas de la poésie que vous lisez en ce moment, c’est un mélange de toute la dégeulasserie acidifiée qui m’habite, qui circule dans mon sang. Nouvelles poésies? Mon cul.
(*rencontre avec A*)