25.6.07

La tête

«Toi aussi,
Tu te pendras à la corde de la vie»

Les nuages dansent dans sa tête. Il la tient, il la revire à l’envers, la frappe. Cette tête, il s’entête à la fracasser dans le vide. Il veut que ce tapage arrête. Il le veut fort. Très forts. Derrière les barreaux de sa prison, il observe le jour. Lui qui n’atteint, par ses cris, que la nuit. Longues nuits. Étroites nuits. Nuits qui s’insèrent dans les crevasses de sa tête.

Tête qui roule. Tête de pendue. Tête de mort.
Tête à guillotine. Tête à corde. Tête de mort.

L’orage dans sa tête lui donne le tournis. Il vomit. Des vomissures écarlates. Noir sur blanc. Il a trop mal. Au fond de ses tripes. Il mal dans son sang. Il a le mal de sang. Il a un cancer. C’est dans sa tête.

Alors comme un enfant, il joue avec le vide. Il jongle avec du rien. Il se dit qu’il écrit. Mais les mots l’abîment. Sa tête roule. Elle se propulse dans l’espace. Elle tombe du néant. Il n’a pas mal. Ça chauffe. C’est tout. Et lui, il se promène comme ça, sans sa tête.

Il a perdu la tête, le pauvre. C’est ce que vous dites, en ce moment, alors qu’il passe près de vous. Lui, il vous dit, avec un air bête, un air de bête, lui, une bête des airs: Ça fait même pas mal. Essayez pour voir.