21.6.07

Sans titre

J’ai accomplis des choses horribles dans ma vie. J’en ai été témoins aussi. Ces actes me poursuivent parfois même dans mes songes, lorsque le jour ferme les yeux. Peu importe ce que je fais, à n’importe quel moment, ils me rejoignent avec une telle violence sous mes draps. La nuit, on me viole. Je me sens soumis à tous ces vices, toutes ces horreurs, toutes ces erreurs. On passe souvent sa vie à se dire qu’on aura le temps de pardonner aux autres, encore faut-il avoir le temps de se pardonner à soit.

Mais le temps n’attend pas les hommes. Il les ravage. Il ne laisse rien. Rien de nous. Rien de ce qu’on a été. Il éteint même le soleil. Le temps est coupable. Et nous sommes ses victimes.

Demain, des hommes,
il ne restera que le nom.
Et leurs ténèbres.

En ce moment, j’attends dans le silence. Comme une jeune vierge soumise, je reste, le regard baissé sur ces mains difformes qui ont maltraité tant de chose. Ce sont de petites mains. Avec de longs doigts. Je n’ai jamais prié de ces mains. Ils ne sont pas à moi. Je ne lis sur ces veines que les malheurs qu’ils contiennent. Le poison que je renferme. Qui voudra de ces mains qui sont miens? Ces mains de mains qui jamais n’ont prié aucun dieu. Ces mains de mains qui ont noirci devant la vie.

La vie. –Quelle vie? La vraie vie est absente- C’est une chose étrange que celle que je me tue à vivre. J’aimerais tant la vivre le plus simplement possible. Sans avoir à m’y faire mal, ou à faire mal à quelqu’un d’autre. Je désirerais sourire innocemment, sans y être forcé, sans vouloir faire plaisir. Je voudrais pouvoir m’attacher aux gens, être dans leur vie et les marquer. Je suis une étoile qui s’éteint. Lentement. Le temps aura eu raison de moi, finalement… Et moi, je remue. Vous n’y voyez rien. Vous n’y comprendrez sans doute rien non plus.