5.3.12

Blanches douceurs

Elle est ici. Elle vit dans mes draps, comme dans mes meubles. Elle marche dans ce quotidien qui est le mien. J'ouvre les yeux et la voilà, déjà, à « m'entretenir ». N'est-ce pas un plaisir égoïste que cette sensation que j'ai dans mes tripes à la voir ainsi agir? Parfois, je me surprends à me demander cette question que j'ai tant redouté: est-ce que je l'aime? Il faudra pourtant répondre à cette question un jour, mais avant il faut encore savoir ce qu'est aimer. C'est peut-être pour cela que je me sens bien à ces côtés, car nous avons ce doute en nous (sur ce qu'est l'amour, sur ce qu'il devrait être). Je n'ai pas à m'investir plus que j'en ai le désir. Elle me prend ainsi avec mes faiblesses et je la reçois avec les siennes. J'embrasse chacune de ses blessures, je nettoie chacune de ses larmes et je lui dis, dans un chuchotement, alors que son corps est contre le miens, que nous survivrons à la vie. La nuit, nos mains s'entremêlent, comme deux enfants. Nous dormons.

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