1.12.11

Le baiser

Un 3 octobre. Le ciel entre ses cheveux, le parfum de l'été sur son cou et, dans ses yeux, le triste reflet d'une plage mordorée — est-ce la ma mer que j'ai senti battre derrière sa poitrine? Ce ne fut pas le corps, mais l'Âme que j'ai respiré et aimé pendant ces quelques mois. Ce baiser n'avait rien d'un poème, c'était en fait la poésie elle-même qui battait entre mes cils. Pourquoi ne pourrais-je pas vivre heureux?, me suis-je demander. Pourquoi ne pas la prendre, elle, et fermer les yeux sur ces autres qui brillent mais sont vides, sont obscures et sinistres? Pourquoi ne puis espérer la paix entre les seins de celle-ci, de cette Sabine (il est ironique que son nom me rappelle cette nouvelle écrite un an avant notre rencontre!), de mon « Es muss sein» ? À ces côtés, j'ai découvert en moi l'homme que je peux être mais que je me suis longtemps refusé d'être. Dans ses yeux, je me sens complet. Je me sens autre. Je suis.

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