3.6.10

Faire face

Envie de détruire quelque chose. Moi, probablement. Un sentiment d'échouer, d'être un imposteur, d'être faux. Il faudra peut-être comprendre que vivre ici, c'est aussi renoncer. Mais à quoi? Je n'ai plus rien. Mes rêves brûlent, je secoue la toile de ma conscience et je vois les cendres s'envoler. J'ai bien beau vouloir tout rattraper, mais que fait-on avec les cendres de sa vie?
Tout explose, votre tête.
Je regarde autour de moi, et j'envie leur vie aisé, leur existence de réussites, d'un combat qu'ils ont gagné. L'amitié, les amours qu'ils ont. Je me demande:
-Et moi?
Moi, et bien, une solitude terrible, angoissante, qui me tue. Combien de jours puis-je tenir ainsi? Je n'écris plus, sauf de petits poèmes qui sonnent faux, qui m'humilie dans cette solitude car elle met en scène des choses que j'ignore. Que sais-je de la beauté embrassée? Rien. Rien que l'écho de leurs mimiques, du rire et des sourires qu'ils ont entre eux et que j'essaie de faire avec ma bouche.
J'ai ma bouche qui saigne maintenant. Mon sang menstruel. Je suis stérile. J'ai perdu le goût de tout, même du corps et des frissons de l'âme. Je ne sais plus ce que je dois faire. Comment échapper? Je dois faire face, mais je ne tiendrais pas.