
Le goût de disparaître, mais aussi d'être plus qu'une simple silhouette.
Le goût de détruire, mais aussi de laisser épanouir.
Le goût, finalement, de tout effacer, mais aussi, et surtout, de tout (ré)écrire.
***
Souper, jeudi dernier:
Elle (A): "Aujourd'hui, je suis plus qu'hier, mais moins que demain." [...]
Moi: "Tu ne comprends pas pourquoi j'aime les livres. Je les aime parce que je ne les lis pas comme de simples livres. Je vois des âmes."
***
Dessin d'un soleil dans un ciel au reflet bleu. Je repense encore à elle. À ce qu'elle représente pour moi, dans ce printemps naissant. Peut-être suis-je fou d'aimer autant quelqu'un tout en reconnaissant le rejet qu'elle m'impose? Vivre, aimer, tout faire dans ce rejet constitue la brisure de mon âme, sa faiblesse et son doute. Ce que je voudrais, c'est d'exister pour une seule personne, de me lever en sachant que ma vie vaut, au yeux d'un être, plus que sa vie à elle. Je me réserve à cet amour unique, alors pourquoi le voir partout, dans chaque corps chaud et beau qui réveille mon désir? Ma vie, ma vie et ses impossibles questions, son impossible silence qu'on prend pour de la gaieté. Ils sont donc si niais pour ne pas reconnaître que derrière cette peau flasque vibre un restant d'âme...
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