
Occupation.
J'écris peu dans ce journal depuis quelques jours, pourtant je sens un certain avancement. L'idée, c'est de se tenir occuper, de feindre qu'on existe. Je me reprend à aimer la nature, les couleurs, la lumière du soleil et le vent, sa caresse, ses griffes sur ma chair. Je me sens à nouveau revivre malgré le constat de plus en plus profond que ma vie ne nécessite pas autant d'efforts, de sacrifices, de peines, de douleurs. Il faut se promettre de vivre, à chaque jours, constamment. Autrement, on l'oublie.
~°~
De petites victoires ces derniers jours. J'ai finalement trouvé un titre au texte pour le concours de philosophie: Narcisse à la guerre. La mythologie grecque a quelque chose de fascinant à mes yeux, sa richesse, sa complexité, ses héros, ses rois déchus (dont Tantale, Ixion, Tityos et Sisyphe sont mes préférés), ses passions, ses guerres, sa barbarie, mais aussi ses vertus, ses martyrs, ses « surhommes ». Tout a sa raison d'être. Ainsi, il m'était naturel de m'y tourner afin de trouver un titre, même si c'est du déjà-vu. Je ne nie pas qu'Albert Camus est le philosophe qui me fascine le plus, ne serrais-ce que par ses pièces de théâtre tout comme ses romans. Sa philosophie de l'absurde est évidente dans ma propre conception de la vie, de sa valeur, de son sens-il n'en a pas.
J'ai lu récemment qu'il a écrit L'Étranger en quelques mois. En voyant ce que j'ai moi-même entrepris, c'est-à-dire presque rien, je jalouse son génie. Au fond, je sais qu'il me manque l'expérience profonde de la vie, de la passion.
Qu'y puis-je? À priori rien, ou peu. Je n'admet pas mon écriture comme celle des autres, c'est une écriture douteuse, boiteuse, sans fond et sans vie, qui s'agite pour s'agiter, rien n'y tombe. C'est pourquoi, depuis quelques semaines, je me dis que c'est mon plaisir que de rien produire, que de faire du vent. De toute façon, les autres peuvent toujours aller se faire voir ailleurs.
Peinture: Narcisse et Écho, Nicolas Poussin
0 discussion(s):
Enregistrer un commentaire