Le courage.
C'est une notion abstraite qui n'est valable qu'en présence d'un choix. Entre vivre ou mourir, le choix n'existe pas. De toute façon, il faut vivre pour mourir. La logique de la chose veut qu'ainsi, je sois sans courage devant la vie. Elle m'est totalement inaccessible, elle est là et je n'y peux rien. Le suicide n'est pas une atteinte à la vie, ce n'est pas une preuve de courage que de mourir. C'est le manque de courage, l'impossibilité du choix. L'homme se sauve en songeant que la vie est un dilemme inquiétant, il veut se persuader qu'il peut toujours, si la vie ne lui plaît pas, choisir de mourir. Hamlet avait-il tort? Nous ne choisissons pas, nous subissons la vie.
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J'ai décidé de pardonner. Il ne faut pas leur en vouloir de ce qu'ils font ou ne font pas. De toute façon, qu'y puis-je? En quoi leur suis-je si différent? Tant d'orgueil! Il faut tout faire pour ne pas perdre la face, pour ne pas avouer mon mal, ma recherche perpétuel d'un éternel amour, d'une main amie, d'une caresse, d'un doux baiser. Tout ce que je réussi à embrasser, c'est les lèvres froides et mortes du vide, de la détresse humaine, de la maladie, de la solitude. Un mal terrible qui ne vous lâche jamais.
Un jour, j'ai les yeux plein d'eau, le lendemain je me réveille avec l'envie de fuir sur une grande route avec le soleil comme seul objet de contemplation! Je me plains tant! Rien ici n'éclôt, pas même une idée, une force nouvelle, rien que le terne ciel d'une vie d'ennui et de fatigue. Le front est bas, pourtant je ne suis pas si à genoux. Je leur fais croire que j'ai quelque chose, un don, des connaissances, un avenir.
Quel avenir? Celui qu'on réserve aux malades alités, toujours dans cette position de l'attente, du silence et l'odeur de la mort qui vous tient réveiller. Ma mort, en somme.