Que pouvons-nous dire sur la vie? C'est étrange comme on vit en accumulant des connaissances sans jamais vraiment réellement nous comprendre nous-même, comprendre nôtre part d'humanité. Nietzsche décrivait cela dans les premières pages de sa Généalogie de la morale et plus j'avance dans mes études, plus je me questionne sur l'utilité réel de tous ces apprentissages. J'accumule en moi des informations incroyables sur le monde qui m'entoure, sur son fonctionnement, l'appareil organique, les politiques et les philosophies de tout genre sans jamais vraiment comprendre ce que je suis dans tout ça. Quelle place est-ce que je dois tenir dans cette société?
J'ai l'impression d'être sans aucun avenir ici. Dans cet espace du rationnel, de l'école de la pensée et de la raison, ce monde raisonné, ce monde de la démocratie où tout le monde doit dire et à son parti pris pour quelque chose ou quelqu'un. J'imagine mal comment je devrai agir ici, moi qui suis loin de tout ce qui est raisonnable-vivre n'est pas raisonnable. Toutefois, j'essaie de tirer mon épingle du jeu. De survivre. Il me semble que j'ai toujours voulu dire ceci: je survis, et non je vis. Pour vivre, encore faut-il pouvoir le faire librement, sans pression, sans aucune force extérieur pour nous stopper dans notre mouvement.
Vivre est un mouvement. C'est agir vers, c'est conduire en direction d'un point qu'on se fixe. La survie, elle, tient de l'immobilisme. De l'inaction, de l'empêchement, de l'impossible. Comment aller vers, si on ignore les forces qui nous motive?