Il n'y a pas d'apaisement à la vie. Il n'y a que cette haine féroce, cette guerre des hommes contre les hommes. L'angoisse est derrière chaque oeil; la peur est la seule révolte possible de ces esprits aliénés.
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Je suis assis sur ce tabouret, pieds nus, assis devant le calme et le désordre silencieux de la vie, bizarrement, étrangement, mal à l'aise dans cette position de l'attente et du dévouement. Je ne suis jamais bien, seul, rien pour occuper mon esprit. Parfois, je me retrouve presque souffrant, presque mort, à demi agonisant alors que j'ai tout. Qu'ai-je besoin de plus? Pourquoi dois-je envier quelqu'un, pourquoi dois-je courir après le bonheur des autres? C'est peut-être l'idée qu'il y a mieux ailleurs, chez le voisin. J'ai maintenant 21 ans. Je déteste tous les rituels qui entourent l'anniversaire de quelqu'un, mon anniversaire. Des gens que je n'ai pas vu depuis un an ou deux, m'approchent, m'écrivent, appellent (ils sont rare ceux-là). Maintenant, avec tous ces réseaux sociales où nôtre vie est connue de tous, on ne peut plus échapper à ces messages inutiles, qui ne veulent rien dire au fond. Si j'avais marqué le 17 mars au lieu du 17 février, la majorité n'y aurait vu que du feux.
Ils sont nombreux à me souhaiter une heureuse nouvelle année alors qu'ils ignorent tout de celle qui vient de passer, une année qui s'achève comme elle a commencé: sur un sentiment de désespoir, de colère, de peurs. Si je devais choisir la date de ma mort, ce serait un 17 février. J'opte pour la révolte contre la vie, contre cette vie insensée, sans but. J'ai l'impression d'avoir perdue une année de plus, une année où j'aurai dû écrire quelque chose, où j'aurai pu me sauver.
J'ai les pieds gelés, il ne fait pas froid pourtant. Le soleil est haut, offrant un éclairage nouveau à toute cette neige entassée dans ma cours. Un petit vent parcours mon échine, ramasse ce qu'il reste de chaleur. Je rentre et m'installe dans le salon, la lumière traverse la pièce. Maab est couchée sur son coussin, elle fixe la porte, attend. Son existence ne se limite qu'à cette attente: manger, marcher, évacuer, dormir. Elle n'attend rien d'autre de moi. Peut-être devrais-je faire de même avec la vie: n'attendre rien d'autre que ce dont j'ai besoin? À trop vouloir, on finit par être ingrat face à ce qu'on reçoit gratuitement.
Alors, à moi-même: je te souhaite le bonheur, l'amour et la santé. Que cette journée te soit le plus agréable possible.
Illustration: Feets series