7.1.09

7 Janvier 2009

La seule solution à l'échec de la vie, c'est la mort. 

Le plus difficile pour moi c'est de supporter le fait que je choisi ma solitude. À chaque jour,  je m'exclus volontairement du monde, des humains, de la société. Cette attitude est une manière de me défendre, d'empêcher ceux-ci de voir combien est terrible ma souffrance, comment ma vie est pathétique. On pourrait me dire, voici ce qu'il faut faire pour être heureux que je serais encore trop lâche pour trouver ce bonheur. 

J'ai ce besoin sourd de me justifier aux yeux des autres, de dire « mais non, je ne suis pas aussi malheureux qu'on le croit.» Je souris, je ris, je tousse légèrement pour effacer cette douloureuse crampe dans mon être le plus profond. Et même si je me dis qu'il me faut en finir avec la vie, je ne me sens pas le droit de mourir. Même mort, je me demande ce qu'on se dira sur mon compte. C'est un non-sens que je ne comprend pas, mais que j'accepte inconsciemment et me maintient toujours en vie.

On reconnaît un homme à ses souffrances. J'accepte d'être ainsi mais ce que je ne suis pas prêt à supporter c'est ce jugement que je lis quand je parle de mon état maladif. Cette pitié-là, cette fausse empathie, cette tape amical avec un «mais non, tu n'es pas aussi malheureux que tu ne le crois.» Ça, je ne peux l'accepter. Alors, je me cache. J'écris sous un faux nom, vis avec un faux visage et une voix qui n'est pas à moi. 

J'aimerai pouvoir en finir, au moins avec cette souffrance-là. Je pense de plus en plus à fuguer, à errer tel un pèlerin sur les routes, cherchant la vérité sur la vie. Quoi vivre? Qui vivre? Que vivre? Je vois le soleil qui me lavera le front de toutes ces couches d'ombre que j'ai emprunté à d'autre, aux personnages dans les romans, aux modèles du capitalisme de l'avoir. Cette obstination de vouloir leur ressembler puisque je n'ai rien, je ne suis rien, je pourrai au moins avoir ça, réussir ma vie en jouant un rôle.