27.1.09

27-28 Janvier 2009

L'allégorie du réel.

Qu'est-ce le vrai ou le réel en littérature? Qu'est-ce qui dépeint la réalité le mieux si ce n'est les mots, mais encore faut-il s'entendre sur de quelle réalité on parle? En lisant Rosset, je me questionne à nouveau sur mon rapport avec le réel, mon apport à cette réalité. Qu'en est-il des arts classiques, de la peinture, des arts plastiques? Les arts maquillent si bien le vrai, ils trompent l'oeil et c'est là un don rare, tromper. Faut-il savoir comment tromper, en littérature, pour écrire une oeuvre? Le théâtre déjà s'emploie à déjouer l'attention du spectateur du réel, il l'amène à convertir ce réel qu'il voit en quelque chose d'autre. La poésie aussi se joue du réel, l'objet réel en le transformant en sujet irréel. Le romancier est le maître de l'irréel, il ne fait pas que tromper le spectateur, il ajoute une nouvelle réalité, un « double ». Sur son carnet, J. R. G. parle d'un « voyage » entre deux mondes, deux réalités, alors qu'elle travaille sur un roman. En revenant dans la réalité qu'on lui offre, l'auteure tente de retenir ce qu'elle a vu là-bas, ce qu'elle a ressenti de l'autre côté. J'imagine l'écriture de cette manière, comme une sorte de voyage du sensible vers le monde non sensible, celui des idées et de l'imaginaire, des mots et de l'image. 

Plus je lis Rosset, plus je constate que l'intuition était là, il ne manquait qu'une forme, qu'une énergie nouvelle pour pousser la roue.