21.12.08

21 décembre

Le Piano, 1955, huile sur toile (160x220), Nicolas de Staël 

Avec tout ce temps pour moi, je n'ai rien d'autre à faire que penser. Cela me rend malade, s'en est presque insupportable. Toutes ces réflexions que je me fais, ces questions que je me pose. Je n'y trouve aucun sens, me faire autant de mal pour si peu. Je n'arrive même plus à supporter la lecture de mes textes. Je les trouve si fade. Même l'idée de tenir ce journal me donne la nausée. Mais, vers qui ou quoi me tourner sinon? 

Il neige dehors. Je me sens prisonnier de cette maison, de cette vie, de mes désirs et mes concessions, mes hontes et mes joies. Qu'ai-je de vrai en moi? Je ne perçois que cette douleur aiguë qui devient ma seule raison d'écrire, de respirer, de marcher. Partout où je tourne mon regard, je ne me vois pas. Je suis et je ne suis pas. J'existe sans jamais réellement prendre part à ce monde, à ma vie. 

Combien de vies ai-je menées? Je suis un imposteur. Je n'ai ni droit à la vie, ni au bonheur de vivre, ni même à ce courage désespéré du suicide. Je n'écrirai jamais rien qui en vaille la peine, je ne comprend pas ceux qui lisent ces âneries et qui y trouve quelque chose. À vrai dire, je ne devrais plus écrire.