Il y a quelque chose d'impossible dans le fait de vivre.
Il me semble qu'on cours toujours après le temps, son temps. On est toujours entrain de faire ceci et cela dans le but d'avoir un jour le temps de respirer, de vivre, de dire: maintenant, je peux m'occuper de moi. Nôtre névrose c'est cette horloge qui minute chacune de nos actions, de nos pensées, de nos espoirs comme nos illusions. Je crois que ce qu'on veut tous c'est vivre. Mieux vivre, vivre vieux, vivre heureux, vivre dans la vie. Nous ne voulons pas souffrir, nous ne voulons pas du malheur, nous ne voulons pas de la mort. S'il n'y avait que ces voeux pieux, la vérité est que cela tient de l'impossible. Tant que l'homme sera homme, il souffrira et mourra malheureux.
Hier soir au parc, il y avait des enfants qui jouaient. J'écoutais la joie, l'innocence, la pureté de leur voix, des bras qui s'élancent, des sourires. Je lisais dans leurs courses autour des arbres, dans la neige, sous l'ombre de soleil, partout, je voyais leur beauté et leur grâce. Là, je sentais toute la violence, l'horreur, la tristesse de ce monde mises de côté par ces enfants. Du seul pouvoir de leur regard, ils s'étaient recrées tout un univers. En retrant, je me suis rendu compte du sujet de leur jeu. C'était un fort fait de neiges. C'était une guerre, une champ de bataille. Les enfants s'en étaient allé laissant derrière eux les restants de leur jeu. Adieu l'innocence!
En rentrant, j'ai écouté les nouvelles. Où était l'enfance aujourd'hui? La joie de ces petits garçons tenait dans ce bulletin de nouvelles: nouvel attentat, soldats canadiens morts, meurtres, violence conjugale, crise financière. Dans quelle monde suis-je donc? Vivre est impossible, il nous faut souffrir, être violent, cruel, indifférent, sans passion, sans rêve et finalement, mourir. Vivre est impossible.