
Tu es l’été sans nom.
À chacun de tes gestes, je me sens étranger au monde. C’était comme si j’avais toujours vécu dans un ailleurs et que maintenant que je t’ai trouvée, tous les paysages du monde sont sur tes lèvres.
Je t’écoute, l’émerveillement sur les cils et je sens que bientôt je n’existerais que par tes appels ardents. J’avancerai au son du tambour de ton coeur. Dis-moi, dis-moi de me jeter aux pieds de ce cheval et je le ferai, mon aimée des temps anciens.
Qu’on le dise, qu’on se le dise! :
Je t’aime d’un amour inconnu, d’un amour malheureux et triste. Je t’aime dans ce geste pathétique de l’âme et ce silence plein des désirs du corps. Je t’aime, dans ton absence. Si loin! Si loin! Ton corps m’est si cher, si cher! J’arracherai ma peau pour m’habiller de cet amour enlaidi par mon désespoir. Je serai le cadavre qui gît sous ta fenêtre, nuit après nuit. Ne viens pas, s’il te plaît, ne me souris plus, je t’en prie. Dis-moi que tu en aimes un autre, que tu sera heureuse, et oublie mes plaintes pleines de cette puanteur de mon amour qu’on a si souvent rejeté. Je te suis, je te suis! Je suis à toi, âme chérie, fleur du soleil et été de ma vie! Je te suis dans ton dos, dans tes fesses blanches, dans tes seins que j’aime si mal. Je te suis dans ton déhanchement des hanches, dans tes danses de minuit, ma sorcière bien aimée! Est-ce ma faute si les hébétudes de l’âme deviennent les amours du corps?
J’ai tant de mots qui bavent sous mes yeux que je ne peux plus voir les beautés de tes longs bras que tu jettes vers le haut et vers le bas comme s’il s’agissait d’un geste anodin! Apprends-moi, muse de mes craintes et de mes doutes, cet amour où le soleil ne brûle pas.
Au réveil, tes lèvres embrassaient son sexe.
Je t’ai perdue, mon été d’hier.
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