
Mon amour est un nouveau Hiroshima.
C'est en attendant l'avion que je t'ai écrit ceci. Bien sûr, cela ne veut rien dire. Cela ne veut pas dire que j'ai plus de courage aujourd'hui que ce soir-là. Que je suis capable de te le dire maintenant. Tu sais, j'aurais voulu en dire plus. Asseoir nos silences entre nos lèvres qui se découvrent. Asseoir nos mots dans nos gestes, dans nos caresses, dans nos regards. J'aurais tout voulu. Toi, et toutes les toi que tu peux m'offrir.
À la place, j'ai choisi d'être un lâche. Pire, j'ai été un salaud. J'ai menti à ton corps. Je lui ai dis que je ne le désirais pas. Je lui fais croire que je l'ignorais. Alors tu es partie. Tu as tout pris. Toi, et toutes les toi dont j'étais fou. Tu les a données à cet Autre.
Oh, je n'ai rien moi. Je n'ai pas son visage, moi. Je n'ai pas ses muscles, moi. Je n'ai pas son sourire, moi. J'ai un squelette. De la chair molle. Des petits papiers entre les dents. Mais, j'ai ce cri dans mes tripes. Ce je t'aime dans les boyaux.
Il y a l'avion. Puis, il n'y a que ce ciel. Ça me rappelle un peu toi. Avec tes longs cheveux blonds qui coupent le monde en deux. Il y a l'avion. Puis, il n'y a que ce toi. Toi, et toutes les toi.
Oh, j'ai pleuré en lisant ta lettre aujourd'hui. Mélange de larmes et de sourires, quel drôle de tremblement lorsque j'eus finis par comprendre ce que je ressentais pour toi.
Toi, et toutes les toi. Mon Hiroshima.