
Voilà, j'ai atteint la trentaine de pages.
C'est peu mais je suis motivé comme jamais. J'écris une dizaine de pages au deux jours, environs. J'en efface cinq ou six pour finalement n'en garder que trois. Je me surprend à penser que quelque chose, finalement, va naître au bout de temps d'efforts et d'espoirs. J'ai seulement une crainte, celle de ne jamais en voir le bout. Quoiqu'il en soit, je crois qu'il est normal de douter à ce stade-ci, et peut-être aussi après.
Le doute née de la volonté. Il en est aussi le moteur essentiel.
Je voudrais partager avec vous un court extrait d'Ogre. Peut-être que vous pourrez comprendre un peu plus le nom du roman:
***
« Je crois que les plus grands monstres de ce monde sont ceux qui ne seront jamais placé devant un juge. » Il garda un moment le silence en se retournant vers une photo de sa famille au mur, puis il ajouta: « De toute façon, on est tous coupable de quelque chose. Regardes nous avec nos secrets, nos vices et nos mensonges, en quoi sommes-nous si différent du criminel? Ce dernier est jugé parce qu’il a démontré la faiblesse humaine dans son état brut et non feutré comme nous le faisons tous les jours... Mon travail consiste à faire dire à la société qui est plus coupable qu’un autre. » Cette discussion devait me revenir en mémoire quelques années plus tard.