3.6.08

En partant--->



Mes bagages ne sont pas encore faits et, me connaissant, je vais sans doute attendre la toute dernière minute pour m'y mettre. D'un autre côté, le fait que je sois présentement sans emploi m'a permis de me mettre à faire ce que j'aime vraiment (randonnées dans les bois, lectures face à la rivière, écriture, apprendre l'aquarelle). À ce moment, j'ai trois nouveaux textes qui habillent le prochain recueil. Pour une des rares fois, j'ose croire que je suis née pour écrire. Je ne me vois aucun autre talent, je ne me vois aucun autre excuse face aux autres. Force est de croire que je suis maintenant quelque chose, ni poète, ni travailleur, ni totalement humain; je suis la somme de toutes mes lâchetés et mes défaites, de mes espoirs  et mes craintes, de mes joies comme de mes peines. C'est pas parfait mais c'est le mieux que je puisse être.   Ici, il pleut depuis près d'une semaine. Hier, j'ai couru sous l'averse alors que je quittais le café d'à côté après avoir retravaillé ce texte qui m'obsède depuis près de deux jours. Je vous laisse avec le résultat.

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Ma Vierge noire

Par la fenêtre d’à côté:

La nuit fait ses dents sur la peau charnue du ciel au-dessus d’un homme.
L’homme mange sa main en regardant la rue.
La rue avale des monstres mécaniques aux « Arrêts ».

Ce sont des silences épatants qui bruitent. 

De ce côté-ci de la fenêtre:

La lèvre supérieur tâte un Vent d’été.
Le petit orteil gauche remue au fond d’une Converse noir.
Le dos est au repos sur la banquette du fond.
L’oeil observe l’instant.

Ce sont des orchestres organiques qui jouent. 

Au fond de la salle, droit devant:

Sa main est pleine de tendresses.
Sa poitrine, deux astres de chair, montent et remontent sur une musique alléchante.
Ses yeux sont à la conquête de mon coeur, (et de mon âme!).
Ses jambes. (Ô jolie Idole! Ces jambes ! Ses jambes !) déplacent l’air vers ... moi ? (...!)

Son corps chaud.
Ses hanches.
Ses fesses.
Sa bouche.

Et caetera de beautés à mordre et à se souvenir...

C’est une déesse nègre à la peau blanche!

26 mai 08, à la Brûlerie