4.5.08

À propos de l'écriture

Je n'ai pas d'excuse pour haïr le monde. (C'est pourquoi j'écris.) J'ai une idée bien arrêté sur ce que devrait être la littérature, sur l'art. C'est ma phobie humaine qui me tue et m'empêche de comprendre ce qu'il y a de « bon » dans un bouquin qui parle du soleil, et du bon temps, des jeunes femmes, et de l'amour transfiguré par l'ère moderne, informatisé et automatisé. C'est ce qui fait de moi un mauvais écrivain (et c'est correct, d'être mauvais parce que cela mets en valeur les bons). Je n'ai pas d'excuse pour haïr les auteurs d'aujourd'hui. Ni les artistes du Mont-Royal qui meublent les espaces vides du monde avec des slogans tout aussi préfabriqués que leur pseudo-art, tout aussi enrobant que leur foulard. Les chanteurs, comédiens et tous les grands best-seller du monde littéraire sont bien la preuve que je n'ai pas place dans un monde tel que le leur. (C'est correct d'être rejeté des gens qu'on déteste!) Je n'écris pas pour moi, vous savez, j'écris pour mon père. Pour lui dire que son fils vaux bien quelque chose. Qu'il n'a pas raté sa vie. Qu'il a fait de son mieux avec ce qu'il pouvait trouver. Qu'on ne lui a pas laissé de chance (les mauvais écrivains n'ont pas d'excuse!). C'est correct d'être un raté. C'est correct de vivre en tant que tel. Je n'écris pas pour écrire. J'écris parce que c'est ma seule excuse face au monde.