29.4.08

Elle e(s)t mon « sale travail »

Elle me fait bien rire, ma petite Ogresse. Elle m’a donné envie de pleurer de rire alors qu’elle s’étendait dans ma merdia del artista et se pavanait en criant à l’aide comme une f0113! Elle parlait de jalousie, de mes élans vers d’ autres femmes (plus jeune qu’elle, plus jolie qu’elle- qu’elle dit), ces muses qui peuplent mon imaginaire, ces « harpies », ces « femmes mortes », ces rêveries « audréiques » (si seulement elle savait la signification de ces mots) qui remplissaient mes nuits. Elle adorait me répéter combien ce que j’écris n’a pas de sens, ne veut rien dire, et est « dégueulasse ». Que tout ce que j’ai fait, mon sale travail, lui donnait la nausée! (Et) Elle continuait à prétendre m’aimer alors que tout ce que je lui disais, que je me disais, que j’écrivais, lui était totalement étranger. (Et) Que dans ma vitesse à mourir, je l’oubliais trop souvent. Et je trouvais ça d’un humour! Je tournais autour d’elle, en enfant mal élevé, en lui mordant jusqu’au sang son jardin secret et en titillant ses mamelles, la nuit. J’étais son fantasme, son « sexe ambulant ». 

Elle me fait bien rire, ma petite Ogresse. C’est qu’elle mange des enfants! Elle raffole de leur chair tendre. Elle leur sucerait bien la queue si seulement elle ne leur faisait pas peur. Elle voudrait dormir dans les étoiles (!, quel rêve insensé), trouver une valeur à sa vie sans but, son existence inexpliquée (pourquoi devrait-il y avoir une explication d’ailleurs?). Elle cherchait une raison de mourir. Une larme à donner, car même les ogres pleurent au matin de leur mort. Mon Ogresse me parlait de ces monstruosités qu’elle aimerait accomplir avec mes petites pieds, et mon slip et mon jean. C’est tellement drôle, être aimer par une Ogresse. Elle vous coiffe des plus beaux atout, même si vous êtes le plus laid des homme (vous n’en restez pas moins ce que vous êtes). Elle vous habit des vêtements d’un Autre et vous dit qu’il vous va à merveille. Elle vous invite dans sa couche et vous tend sa main ridée et fripée, elle vous caresse le corps et s’excite sur vous votre reflet. Quand bien même elle vous aimerait, elle ne vous comprend pas. Elle dira que vous êtes un monstre mais en amour, ----on n’est toujours le monstre de quelqu’un....

C’est qu’elle me fait pitié, ma petite Ogresse. À trop vouloir aimer, elle finira par me manger tout rond.