13.12.07

J'écrirai bien quelque chose qui en vaut la peine un jour

La peur est là, vous savez? Quand je me lève, les yeux humides, le corps couvert de cette graisse, j’ai le coeur qui serre un peu plus fort, à chaque jours: ON DIRAIT QUE LE MONDE EST TOUJOURS À REFAIRE. Et Dieu que j’ai la trouille! Je voudrais pouvoir vous dire qu’on s’y habitue, qu’on arrive à faire semblant, à ne PAS LE VOIR -le monde-, histoire de vous rassurer, mais je vous noi avec mes tristesses, mes envies, mes PEURS (j’en ai TANT) parce que je sais RIEN faire de bien. Quand je me retournes, dans mon lit, la nuit, j’ai tellement mal que je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à ce qui m’attends au réveil. Dehors. Derrière cette porte qui se moque de moi, à chaque fois, alors que je pleure devant elle. -PITIÉ, C’EST ASSEZ. Elle ricanent en grinçant des dents. Elle est comme les autres. Cette porte. Je la haie. (Elle aussi.)

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Il neige. Toujours ces projectiles de vitre qui tombent sur cette peau qu’il me reste. (J’ai mal.) C’est que ça égratigne, le ciel qui crache. Je voudrais pouvoir me rendormir. Ne pas y aller. Ne pas avoir à JOUER CETTE COMÉDIE. Le sourire au lèvre. -Tout va bien merci et toi? Cette non-vie qu’on s’invente, ces échanges de salive qu’on gaspille à nous éviter, à nous mordre, à mal mentir (OUI PARCE QUE TOUT VA MAL, en réalité) et à se construire notre propre enfer (juste là, entre les deux yeux). Je n’ai jamais eu d’arme à feu mais je me demande, à chaque fois que j’ouvre cette porte ricaneuse, si je ne devrais pas. C’est la guerre dehors. On essais, tous (mais MOI plus que TOUS), d’y revenir VIVANT. On n’est prêt à y laisser notre vie, entière, DANS CE MONDE VIDE DE TOUT.

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Sauf de cette armée de virgules qui marche, fièrement, vers ce qui semble être le POINT final (.) à cette COMÉDIE HUMAINE.